Si l'envie vous prend de lire....
:D
Concours de créativité
Histoire du petit belge qui voulait découvrir le monde
Par Roxane de Sauvage
L'histoire que je vais vous raconter commence on ne sait pas trop quand dans un petit pays appelé Belgique. Cette histoire raconte l'aventure d'un jeune homme belge, Marcel, qui trouvait que la Belgique était un pays totalement dépourvu d'intérêt, petit, et où il faisait toujours mauvais. Bien sûr, il avait visité tous les endroits connus en Belgique et goûté à toutes les spécialités mais ce n'était pas ça qui le ferait changer d'avis. Son pays était sans culture, il l'avait décidé et il le pensait.
Ses parents étaient très gentils avec lui mais il en avait assez des choses qui l'entouraient et plus précisément de la Belgique. Comme il n'avait jamais voyagé, jamais quitté la Belgique, il décida de faire un grand voyage autour du monde dans les pays qu'il avait toujours voulu visiter. Il fit part de sa décision à ses parents qui ne purent lui refuser cette faveur, il avait toujours été un gentil garçon et il était assez grand pour voyager seul. Il demanda à sa mère de faire ses valises. Elle accepta. Il alla ensuite à la banque retirer toutes ses économies et il traça un itinéraire : en premier Paris ensuite Londres. Il aviserait après. Il réserva les billets et les chambres d'hotels. Une semaine plus tard, lorsque tout fut prêt, ses parents le conduisirent à l'aéroport. Ils étaient très émus de laisser partir leur « tout petit garçon » de 22 ans. Au décollage de l'avion, il regarda la Belgique s'éloigner sous ses pieds.
Il arriva à Paris vers 19h00 et il vit la Tour Eiffel éclairée durant son trajet en taxi. Ah, qu'il avait hâte d'être le lendemain pour visiter cette ville mythique !
Marcel attendit 10 minutes à la réception car le réceptionniste ne voulait pas lui rendre sa clé. Lorsque celui-ci accepta enfin de la donner, il regarda Marcel avec un regard noir.
« Qu'est ce qu'il a celui-là ! » pensa-t-il. Il fit ensuite monter ses valises et se coucha aussitôt qu'il arriva dans sa chambre car le voyage, bien que court, l'avait épuisé. Et puis il avait besoin de forces pour la journée qui l'attendait !
Il était dejà 10 heures du matin quand il se réveilla et il se maudit intérieurement de ne pas avoir pris de réveil. Il s'habilla en vitesse, prit son appareil photo et son bob (le parfait touriste en bref) et demanda ensuite un taxi à la réception.
Le chauffeur de taxi lui conseilla de visiter le Louvre en premier lieu (et d'aller voir la Joconde, bien sur) puis de monter dans la Tour Eiffel. Il lui conseilla aussi quelques bons restaurants. Lorsque le taxi arriva à destination, le chauffeur lui lança une dernière recommandation : « Ne vous laissez pas avoir dans les magasins à touristes ! » mais Marcel s'éloignait déjà ,et puis, c'était quoi un magasin à touristes ? Il décida de ne pas faire attention à cette remarque. Sa visite au Louvre l'émerveilla. Il avait vu la Joconde mais aussi des objets fascinants et des tableaux magnifiques. « Il n'y a pas de si beaux musées en Belgique ! » pensa-t-il. Son idée de voyage lui parut tout à coup encore meilleure que la première fois qu'il y avait pensé.
Il suivit les conseils du chauffeur de taxi et prit le métro parisien en direction de la Tour Eiffel. En sortant du métro, il s'acheta un t-shirt « I love Paris », un collier avec la Tour Eiffel en métal et une boule à neige avec la Tour Eiffel. Il enfila tout de suite son t-shirt et mit son collier. Tout ça s'accordait très bien avec son bob, son appareil photo et ses sandales. Il continua son chemin vers la Tour Eiffel. Arrivé en bas, il leva les yeux et se sentit minuscule en dessous de cette énorme masse de métal. Très émus d'être si proche de cet incroyable monument, il fit la file et paya pour monter.
Arrivé au dernier étage, il sortit de l'ascenseur et fut chamboulé par la vision qui s'offrait à ses yeux. Le haut de la Tour Eiffel offrait une vue imprenable sur Paris. Il fit plusieurs photos mais il remarqua un batiment noir et il demanda à une guide parisienne quel était ce batiment. « Vous savez pas lire !? lui répondit celle-ci en montrant une carte où tout était expliqué. Et puis, pour votre information, c'est la Tour Montparnasse ! »
Pourquoi cette dame lui avait-elle parlé comme ça ? Avait-il parlé mechamment ? Il ne comprit que plus tard qu'il n'était pour rien dans l'attitude de ces gens. « Les Parisiens sont comme ça. » lui avait-dit une réceptionniste italienne.
« Les Belges, eux, sont beaucoup plus sympas et accueillants ! » se dit-il.
Il acheta encore quelques petites babioles, mangea dans les restaurants les plus connus et fit un tour en bateau sur la Seine. Il resta deux jours en tout à Paris, deux jours fanstastiques, mis à part les Parisiens, bien sûr. Il envoya une carte postale à ses parents juste avant de partir à l'aéroport : direction Londres.
Lorsqu'il arriva à Londres, le soleil se levait à peine. Il y avait quelques nuages mais il faisait plutot beau.
Il arriva à l'hotel après une demi heure de trajet mais le réceptionniste lui annonça que sa réservation n'avait pas été enregistrée. L'hotel était complet. Il fit tous les hotels de Londres mais vu la pleine saison touristique, ils étaient eux aussi complets. Le taxi l'abandonna devant un des hotels, lui aussi complet. Comble du comble, il se mit à pleuvoir à grosses goutes. Il fut trempé en 5 minutes. « Il n'y a pas qu'en Belgique qu'il fait mauvais ! »se dit-il. Il parvint finalement à obtenir un taxi et trouva refuge dans une petite auberge de la campagne de Londres. Le cadre était magnifique, il y avait de la verdure et des champs partout. Trois chevaux couraient à côté de la maison. L'auberge avait pour propriétaire un couple d'une cinquantaine d'années et leur fils de 16 ans. Ils avaient aussi 2 chiens et 5 chats, ce qui donnait à l'auberge une allure de fermette. La maison était constamment en état d'agitation. Ces gens lui rappellaient ses parents. A y réfléchir, ils lui manquaient. Lorsqu'on lui montra sa chambre, il fut très heureux que sa réservation dans l'autre hotel n'aie pas été enregistrée. Il y avait de jolis cadres aux murs et , au centre de la pièce, se trouvait un magnifique lit à baldaquins. Il avait une splendide vue sur le paysage depuis sa chambre.
Il se reposa un peu puis entreprit de défaire sa valise. Il prépara son sac pour la journée. Il emporta une carte de Londres, des livres sterling, un parapluie, et son appareil photo. Il avait décidé de commencer sa visite par la célèbre Big Ben et c'est ce qu'il fit. Il fut très heureux de sa visite et décida ensuite d'aller manger. Il avait une irrésistible envie de frites. Il entra dans un restaurant et on lui désigna une table. Il commanda un steack-frites mais ce qu'on lui apporta ne ressemblait en rien à un steack-frites. Les frites étaient grosses et molles, le steack trop cuit et le tout était accompagné de petits pois gros comme des billes. Il mangea pour ne vexer personne car la politesse est une chose très importante chez les Anglais, ça il le savait. En dessert, il commanda la patisserie du jour qui lui paraissait bonne mais ce qui arriva n'avait rien d'apétissant. C'était de la jelly, la gelée verte qu'on voit dans les films, typique. Il mangea, encore une fois par politesse et fut refroidi par la nourriture anglaise. Ah, qu'il était loin son steack-frites ! Après ce désastreux repas, il alla au British Museum et fut émerveillé par sa visite. Il visita aussi l'abbaye de Westminster et fit un tour dans le quartier de Notting Hill. Vers 19h30, il rentra à l'auberge.
La femme à qui appartenait l'auberge, Georgia, lui demanda comment s'était passée sa journée. « Très bien ! répondit-il. » Elle lui demanda ensuite s'il désirait manger mais il répondit par la négative en souvenir de repas de midi. Elle lui souhaita alors bonne nuit et il monta dans sa chambre. Il enfila son pyjama préféré et se mit à lire. Le héros de son livre vivait une histoire d'amour fabuleuse et cela l'agaçait. Il avait, lui, depuis longtemps renoncé à l'amour. En effet, sa voisine, Thérèse, dont il était amoureux, ne lui avait jamais accordé un seul regard. Il n'avait peut-être pas la bonne technique d'approche mais il se trouvait plutot beau (c'était en tout cas ce que ses parents lui avaient toujours dit). C'est donc sur des images de Thérèse qu'il s'endormit. Le réveil qu'il avait acheté la veille sonna à 9h30. Il s'habilla en vitesse, alla manger le petit dejeûner que Georgia lui avait préparé et appela un taxi. Il décida de commencer sa visite par Picadilly Circus. Il passa ensuite devant Buckingham Palace et il essaya de faire rire un garde en lui racontant des blagues belge mais sans succès. « Comment font-ils ? » Papa et maman me disent pourtant que je suis drôle...
En rentrant vers l'auberge, il posa un dernier regard sur Londres car son avion décollait le soir même. Il s'envolerait en direction de Venise.
A l'aéroport, il enregistra sa valise et s'acheta un journal local. Dans ce journal , on parlait du conflit qui agitait la Palestine et Marcel eut à cet instant l'envie de visiter ce pays. Ses parents le prendraient pour un fou mais ce n'était pas grave. « Je suis grand maintenant ! » se dit-il.
Il embarqua pour l'Italie vers 21h30 et regretta amèrement d'avoir choisi une compagnie pas chère. En effet, les hotesses ne parlaient ni français, ni anglais. Il dut se battre pour avoir une couverture et faillit renverser un chariot de nourriture. L'hotesse lui hurla dessus et il n'eut pas besoin de parler italien pour comprendre que c'était des injures. Il aterrit avec joie sur le sol italien.
Arrivé à son hotel, il commanda du champagne et du caviar. Il dégusta son festin tout seul et un sentiment de solitude s'insinua en lui. Le lendemain, il visita la place Saint Marc et ses pigeons et il reçut une crotte de pigeon en pleine face. Alors qu'il marchait dans une ruelle déserte, on l'assoma et losqu'il se réveilla, on lui avait volé son portefeuille, son appareil photo jusqu'à ses chaussures ! Il rentra donc à son hotel à pieds et sans chaussures. Pendant qu'il marchait, il croisa une dizaine de jeunes couples en voyage de noces. Il repensa à Thérèse... Lorsqu'il seraient mariés, il l'emmenerait ici ! Mais seraient-ils un jour mariés ? Il n'eut pas le temps de répondre à la question car il entendit une sonnerie de téléphone qui venait du sol. En effet, un GSM sonnait par terre. Il le ramassa et répondit à l'appel.
La personne au bout du fil était une femme qui parlait anglais. Elle lui expliqua que c'était son portable et qu'elle l'avait perdu. Comme elle désirait le récupérer, elle lui donna rendez-vous dans un café le lendemain. Lorsqu'il fut enfin arrivé à l'hotel, il appela ses parents pour qu'ils règlent les formalités de la perte de son portefeuille. Il aurait une nouvelle carte bancaire le lendemain et il avait encore, à son grand bonheur, son passeport.
Le lendemain, en se dirigeant vers le café du rendez-vous, il s'amusa à s'imaginer à quoi pouvait ressembler la jeune femme. Elle lui avait dit qu'elle était anglaise et il supposait qu'elle devait être à Venise avec son fiancé. Il l'imaginait belle et distinguée, le genre de fille qu'on voit bien prendre le thé tous les jours à 4 heures dans une petite tasse en porcelaine... Elle lui avait précisé qu'elle porterait de grands anneaux en or aux oreilles pour qu'il puisse la reconnaître. A la terasse du bar, il n'y avait qu'une femme qui portait des anneaux en or mais elle ne ressemblait en rien à ce qu'il avait imaginé. Elle devait avoir à peu près 25 ans et était habillée léger : débardeur blanc et short kaki. Elle portait de petites sandales. Ses cheveux, qui avaient surement été châtains, étaient abimés par le soleil. Elle les avaient relevés en queue de cheval. Elle était très bronzée et tres jolie, mais pas comme il l'avait imaginée. Il s'approcha d'elle et lui demanda :
« - Vous êtes bien Mary Cooper ?
- Oui, c'est moi, répondit-elle en souriant.
- Je m'appelle Marcel Vanderder, lui dit-il. »
Il s'assit ensuite à la table et lui rendit son téléphone. Elle lui proposa de lui offrir un verre pour le remercier et il accepta. Il commanda un jus d'orange car il savait que ses parents n'auraient pas apprécié qu'il boive de l'alcool. Elle lui expliqua qu'elle était journaliste et qu'elle était à Venise pour une conférence sur le sida. « Je me suis totalement trompé à son sujet ! » pensa-t-il. Il lui expliqua à son tour les raisons de son voyage.
« - Ma prochaine destination est la Palestine ! lui dit-il.
- La Palestine ! s'exclama-t-elle. » Il s'attendait à ce qu'elle lui dise qu'il était fou mais elle lui dit en fait qu'elle devait aussi s'y rendre.
« J'y suis déjà allée plusieurs fois pour des reportages » ajouta-t-elle.
Elle lui expliqua un peu comment c'était et il parlèrent tout l'après-midi.
Alors qu'il allait partir, elle lui demanda s'il désirait l'accompagner. « Je vous servirai de guide et vous m'accompagnerez dans mon reportage ». Il accepta sans même hésiter, cette femme lui inspirait confiance et il avait toujours imaginé que la vie des journalistes était trépidante, il voulait essayer. Ils décolleraient le lendemain soir. Après avoir préparé leur départ, ils se quittèrent tout excités. Il appela ses parents pour leur expliquer ce qui lui arrivait mais ils ne furent pas aussi contents qu'il l'avait espéré. Ils le sermonnèrent pendant une heure après quoi il leur répliqua que de toute façon, il faisait ce qu'il voulait. Il n'avait jamais rien eu de spécial dans sa vie et il était bien décidé à ce que ça change. Et puis, il n'avait jamais vu le monde sous l'aspect de la guerre, il n'avait vu qu'un monde naïf et il était lui-même très naïf, il le savait. Peut-être que ce voyage ferait de lui un homme ?
Ils se retrouvèrent à l'aéroport vers 2h30 du matin. Elle lui avait fait une carte de journaliste afin qu'il puisse aller en Palestine. Ils furent soumis à des contrôles très sévères où ils furent obligés d'enlever chaussures, ceintures et autres objets importants. On fouilla leurs sacs et valises. Ils furent aussi soumis à des interrogatoires sur leurs raisons de se rendre en Palestine. Ils embarquèrent donc vers 6h00 du matin. L'avion était presque vide et le commandant les plaça en premiere classe. Mary lui expliqua les mesures de sécurité à prendre lorsqu'ils seraient sur place. Ils aterrirent à l'aéroport Ben Ourion de Tel-Aviv et on les emmena dans un hotel sécurisé sous escorte. Mary avait réservé une chambre pour eux deux afin de limiter les coûts du voyage. Ils se couchèrent très vite car ils étaient tous les deux exténués. Un bruit d'explosion le réveillaen pleine nuit. Mary était déjà réveillée et elle écrivait sur son ordinateur.
« - Salut ! lui dit-elle.
- Bonjour...lui répondit-il, encore fatigué du voyage.
- Tu as bien dormi ? lui demanda-t-elle.
- Si on enlève les explosions, oui ! répondit-il en riant. »
Il se leva, alla prendre sa douche et s'habilla. Elle lui expliqua ensuite le programme de la journée. Ils devraient traverser une zone de bombardements pour aller visiter un foyer d'aide aux victimes. Ils rassemblèrent leurs affaires et se dirigèrent vers le hall de l'hotel. Elle lui tendit un gilet pare-balle. « Ca peut toujours servir... » ajouta-t-elle. Ils rentrèrent dans la jeep et le chauffeur de taxi leur expliqua qu'ils allaient traverser un endroit où des rebelles pouvaient à tout moment sortir des buissons. Si cela arrivait, il ne leur resterait plus qu'à prier pour sortir vivant. Il leur demanda de ne pas ouvrir les fenêtres et de le laisser parler s'ils devaient passer par des barrages.
La 1ère partie du voyage se déroula presque sans emcombres mis à part le fait qu'ils durent passer par deux barrages. Un changement s'opérait en lui. Il avait fait ce voyage pour découvrir le monde et il partait maintenant en direction d'un foyer d'aide aux victimes, au risque de mourir, au coté d'une femme qu'il ne connaissait que depuis deux jours. Son voyage prenait une autre dimension, changeait de but. Personne ne parlait dans la voiture et, lorsqu'il proposa de raconter des blagues belges, il fut très bien accueilli auprès des deux autres. Ses blagues détendirent beaucoup l'atmosphère et tous trois s'amusèrent beaucoup. Tout à coup, alors que Marcel s'était lancé dans une nouvelle blague, un groupe de jeune sortit d'un coté de la route. Ils étaient armés de pierres et de mitraillettes. Son coeur se mit à battre de plus en plus vite. Par réflexe, il prit la main de Mary et la regarda, consterné. Aucune peur n'était visible sur son visage. Mais, alors que les rebelles s'approchaient, la voiture dévia vers la gauche et accélera. La voiture dépassa les rebelles et continua sa route. Le chauffeur ralentit après 10 minutes. « On l'a echapé belle » dit-il. Ils roulèrent encore une vingtaine de minutes puis le chauffeur déclara qu'ils étaient arrivés. Ils furent accueillis par un médecin français et son assistante, une libanaise. Le médecin se présenta et leur désigna leur tente. Il les emmena visiter l'hopital. Lorsqu'il rentra, Marcel fut pris par l'odeur atroce qui se dégageait de la grande pièce. Des lits étaient entassés de tous les cotés et des infirmières s'affairaient autour des lits. Les choses qu'il vit dans cet hopital sont trop atroces pour être décrites. Partout des femmes, des enfants, des innocents !
« La guerre est une chose horrible » pensa-t-il. Il se mit soudain à penser à son pays. Il n'y a pas de guerre en Belgique, et il n'y a pas de telles horreurs. Tout compte fait, la Belgique n'était peut-être pas si mal comme pays. On y mange bien, on y vit bien, les gens sont sympas, et il n'ya pas de guerres, et puis surtout, il y a Thérèse. Mary et lui passèrent l'après- midi à soigner les blessés. Ils allèrent se coucher vers 1h00 du matin, épuisés. Quelque chose tourmentait Marcel. Il ne comprenait pas pourquoi Mary était célibataire et surtout, pourquoi elle n'avait pas l'air d'avoir peur dans la voiture. Il lui demanda, au risque de paraître indiscret.
« Je ne sais pas si je peux te révéler ça » lui dit-elle.
Et puis elle commença son histoire. Dix ans plus tot, lors d'un don de sang pour une association, elle avait été contaminée par le virus du sida. La maladie ne s'était pas encore déclarée mais cela pouvait arriver à tout moment. « C'est pour cette raison que je suis célibataire, je ne veux pas m'attacher, je ne veux faire souffrir personne...et si je n'avais pas peur dans la voiture, c'est parce que je me suis résignée. Et puis je préfère mourir ici que par la faute de cette horrible maladie. » Après ces aveux, il la prit dans ses bras et elle se mit à pleurer, soulagée d'avoir partagé son terrible secret. Leur nuit fut rythmée par les explosions et Marcel ne ferma pas l'½il de la nuit. Il avait réfléchi pendant la nuit et il avait décidé de rester encore 5 jours et puis de rentrer en Belgique.
Il passa les 5 jours qui suivirent à soigner des blessés aux cotés de Mary et du médecin français.
Au moment du départ, il fit ses adieux à tout le personnel de l'hopital.
« C'est ici que nos routes se séparent,déclara-t-il à Mary.
- Nous nous reverrons, lui répondit-elle, pleine d'espoir. Merci pour tout, Marcel.
- C'est à moi de vous remercier, Mary. Au revoir.
Il la serra dans ses bras et ils pleurèrent tous les deux. Le trajet vers l'aéroport se déroula bien et il quitta le pays sans encombres.
Durant le voyage, il se mit à penser. Ce voyage l'avait bel et bien transformé. Il était heureux maintenant. Mais le bonheur c'est quoi au juste ? Son voyage lui avait apporté plusieurs réponses à cette question. Pour être heureux, il faut être en bonne santé, faire quelque chose qu'on aime et vivre avec ceux qu'on aime dans un pays en paix. Dès qu'il rentrerait, il déclarerait sa flamme à Thérèse.
C'est ici que s'achève le voyage de Marcel. Je ne peux pas vous dire s'il a déclaré sa flamme à Thérèse mais ce que je peux vous dire, c'est qu'il vit avec ceux qu'il aime, dans un pays en paix et ce pays, c'est la Belgique.
Fin